AlesiaJura - Composantes stratégiques


III - Les composantes stratégiques (numérotées de 33 à 40)

Retraite de César

33-
Le seul membre de phrase suivant définit une marche de l'armée de César sur un itinéraire nord-sud, de Lingonie en Séquanie. L'ordre de marche est bien celui d'une retraite et non d'une formation offensive : c'est l'agmen (l’armée en marche) avec tous les bagages : « …cum in Sequanos per extremos Lingonum fines iter faceret…/…proinde agmine impeditos adoriantur » (VII, 66, 2, 4). - …comme César passait chez les Séquanes par l’extrémité du territoire des Lingons…/…par conséquent ils s’avancent embarrassés par [la disposition de] l’armée en marche…

34- César fait prononcer par Vercingétorix une phrase qui non seulement n'est pas démentie par César mais aussi explique le but du mouvement de l'armée romaine, la «Province» étant menacée d'une défection possible des Allobroges.. :
1 - « 
Fugere in Provinciam Romanos Galliaque excedere » (VII, 66, 3). - Les Romains fuient en       Italie et quittent la Gaule -
2 - « …quo facilius subsidium Provinciae ferri posset » (VII, 66, 2).
- …par où il pourrait plus       aisément porter secours à la Province. -

Emplacement et importance stratégique d'Alésia

35- L'oppidum d'Alésia doit barrer la route à César non loin de la Province Romaine. Lorsque Critognatos donne son avis au moment où les défenseurs d'Alésia sont accablés par le blocus, il invite les chefs gaulois à considérer le sort de la Province qui est « tout près d'eux ». Cette phrase, qui exprime un voisinage certain avec la Province (partie romanisée de la Gaule), doit être rapprochée du passage où il est dit qu'on ne savait pas ce qui se passait chez les Eduens (indication qu’Alésia, proche de la Province, est loin des Eduens – la Bourgogne) :
1 - « Respicite finitimam Galliam, quae in provinciam redacta » (VII, 77, 16). - Regardez la Gaule       toute proche réduite à l’état de province. -
2 - « inscii quid in Haeduis gereretur » (VII, 77, 1). - Ignorants ce qui se passait chez les       Héduens. -

36- L'oppidum doit se situer à une étape d'une grande plaine où purent être engagés quinze mille (15 000) cavaliers gaulois : « Caesar... altero die ad Alesiam castra fecit » (VII, 68, 2). - Le lendemain César établit son camp près d’Alésia. -

37-
Non seulement César nous donne le chiffre des guerriers concentrés dans l'oppidum mais il précise le périmètre de cet oppidum, qui est de onze milles pas d'où l'on peut déduire la surface de la position fortifiée. Pour une figure carrée on obtient 16 km2 et pour un triangle équilatéral 12,5 km2 ; soit 1 600 hectares pour la première figure et 1 250 pour la deuxième. En résumé, on peut dire que l'oppidum d'Alésia doit avoir une surface au moins égale à 1 000 hectares :

1 - « milia hominum delecta LXXX » (VII, 71, 3; et VII, 77, 8). - 80 milliers d’hommes choisis (mot      à mot : 80 milliers choisis d’hommes) -
2 - « circuitus Xl milia passuum tenebat » (VII, 69, 6). - le périmètre atteignait onze mille pas. -

38- Outre l'armée réunie, l'oppidum doit abriter une population civile et de nombreux troupeaux. II doit donc comporter de nombreuses sources à fort débit : « pecus, cujus magna erat copia a Mandubiis compulsa » (VII, 71, 7). - des troupeaux dont une grande quantité avait été rassemblée par les Mandubiens. -

39- L'oppidum doit défier toute attaque et n'être vulnérable en aucun point : « ut nisi obsidione expugnari non posse videretur » (VII, 69, 1). - de sorte qu’elle semblait ne pouvoir être prise que par un siège. -

40- L'oppidum doit réellement empêcher César de passer et le forcer à ordonner l'investissement : « adhortatus ad laborern milites circumvallare instituit » (VII, 68, 3). - En les encourageant il prescrivit aux soldats de se mettre au travail d’investissement. -


  
Alésia doit être un verrou, situé en un lieu stratégique.

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