Latin Ephemeride


UN SURLENDEMAIN QUI NE CHANTE PAS

  Consultons le dictionnaire. Les premiers mots (ligne blanche du haut et suivantes) confirment qu’alter s’utilise couramment dans une énumération de deux termes pour désigner le second membre d’une paire : le second consul, l’un des deux points de vue, l’autre jambe, l’autre rive.
 

  Quant aux citations (en blanc), elles ne sont pas de César mais de Cicéron (César s’exprimerait sans doute plus simplement). Elles présentent le cas où l’énumération exposée comporte plus de deux éléments et dans les deux cas, alter arrive en deuxième position et est toujours traduit par « second ».

Comprendre Cicéron avant de le citer

  
  Mais dans la première, altero die est décalé dans le temps par proximo, le jour le plus proche. La suite des jours est donc :

  1. Le jour où a lieu l'événement raconté avant la citation, jour qui n'est pas nommé et à partir duquel sont annoncés les jours qui suivront (cas identique au texte de César où le jour de la bataille précédant celui désigné par altero die est lui aussi sous-entendu) ;

  2. Le lendemain, proximo, jour le plus proche du précédent, d'où Cicéron fait partir son décompte comme on va le voir ;

  3. Le surlendemain. En effet, ce jour est placé par Cicéron après proximo. Le Gaffiot donne donc à altero die le sens de second d’une paire (comme toujours, rigueur latine), formée ici avec le jour dit proximo, et bien que ce jour soit de fait le troisième jour à partir de l'événement ; on suit toujours ?

  4. Le jour annoncé comme le troisième après proximo, tertio, qui est de fait le quatrième etc.

  On relit, c’est bien ça. Le latin a de ces coquetteries…

 En lui-même, alter (altero die), ne signifie donc jamais  le surlendemain. Mais pourrait-il le désigner indirectement chez César comme dans la citation de Cicéron ?

Michel Reddé a deux fois tort de le prétendre :


  Or Michel Reddé qui recopie scolairement le dictionnaire est bien obligé d’écrire qu'altero die ne peut désigner le surlendemain que dans une énumération.


  Existerait-il un doute sur le sens d’énumération ?  Que nous dit le Petit Robert ?

Une énumération ne s’arrête pas à un !

  A propos d’énumération le Petit Robert parle de liste, d’inventaire, de dénombrement… Pour lui, énumérer, c’est « énoncer une à une les partie d’un tout ». Il n’y a rien à énumérer dans le texte de César. Altero die est tout seul : pas d’énumération donc pas de surlendemain.

  Michel Reddé ne traduit pas le latin. Il invente une autre langue où les paires auraient trois pattes et les énumérations commenceraient et s’arrêteraient à un.

  Logique d’Alise-Sainte-Reine à l’état pur !

Fermer cette page Fermer cette page