Magique : à Alise-Sainte-Reine,
les Romains en font des tonnes…


  Pour enserrer doublement la petite colline d’Alise-Sainte-Reine (sept kilomètres de tour), Jules César aurait bâti 36 kilomètres de murs, autant de doubles fossés, autant de pièges dits « cippi » et autant d’autres dits « lilia » ; plus une bonne dizaine de camps pour héberger et protéger les troupes, 23 fortins et un immense fossé destiné à réduire considérablement les attaques gauloises. Avec en plus, petit détail, tous les 24 mètres une tour, soit 1 500 en tout.
 

  Du moins est-ce ce qui se raconte sans broncher à Alise-Sainte-Reine.


      La première invraisemblance est dans la simple lecture des chiffres

  Pour enfermer une place d’un si faible périmètre, s’astreindre à créer 36 kilomètres de murs, de doubles fossés et double rangée de pièges en restant à des centaines de mètres de distance a quelque chose de burlesque. Ça, l’œuvre du génie militaire de César ?

  Si au moins les partisans d’Alise-Sainte-Reine invoquaient pour s’en sortir les habitudes de menterie qu’ils lui prêtent ordinairement… Mais non, cette fois ils  tiennent à son texte dur comme fer, prisonniers de leurs propres contradictions. Et s’il n’y avait que cela !

      Car la seconde invraisemblance est encore bien pire


  
Une méticuleuse étude technique (B. Gay) a chiffré les quantités de stères nécessaires aux pièges, aux tours, aux palissades et les centaines de milliers d’heures nécessaires à leur mise en place ; les millions de tonnes de terre à déplacer et les heures à y consacrer ; la nature, la diversité et l’énormité des différents transports avec leur coût en temps ; sans oublier la nécessité de tenir sous les armes une partie importante de l’effectif pour stopper le harcèlement des terrassiers par les sorties incessantes des Gaulois. Et, passons sur ces détails, dormir un peu de temps en temps et assurer le ravitaillement.

  Le résultat tient vraiment de la magie : pour tenir les délais, il aurait fallu que les Romains eussent un rendement comparable et peut-être même supérieur à celui atteint lors de grands travaux modernes comme la réalisation de l’aéroport de Nice ou le barrage de Serre-Ponçon.

  Et cela, obtenu à mains nues, ne devrait étonner personne ?
 

  Depuis plus d’un siècle et demi, personne à Alise-Sainte-Reine ne s’est livré à ce calcul dont les bases officielles figurent dans les abaques et tableaux de performance en usage dans tout manuel d’infanterie.

  Ce serait pourtant si facile cette fois de prouver que César aurait menti…

  Ou, piteuse infortune et magie doublement noire, que c’est Alise-Sainte-Reine qui est une nouvelle fois impossible !

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